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VAMPIRES, les origines dans les fictions
par Demoiselle Kiwi Comme tous les démons et les monstres du folklore, le vampire s'est
vu devenir le reflet de nos peurs, de nous-mêmes... Il s'est vu modelé, à partir d'un ou plusieurs phénomènes,
en tant qu'archétype, image universelle qui traduit non plus un fait
mais les sentiments humains qui en dépendent. (cf. Symbolisme)
L'homme a tiré des images de ces sentiments,
qu'il a transposé en mythe, pour donner le vampire tel que nous le connaissons aujourd'hui.
Mais, et si l'homme avait eu le pressentiment non plus d'un phénomène,
mais d'une véritable créature?
Si le vampire existait... d'où viendrait-il?
Tentative de réponse avec un petit tour de vue sur les hypothèses
des auteurs contemporains, points de vue mystiques ou scientifiques...
-> Action Divine
-> La Magie
-> Parasites, virus et mutations
-> Phénomènes psychiques
-> Une autre race
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Action divine
Dans les cultures basées sur la création du monde par un être supérieur, l'action de celui-ci ou de ses subordonnés sur ses créatures est toute-puissante. Tour à tour punition ou récompense, le vampirisme trouve ici son
essence dans le divin, qui marque sa volonté dans la chair de celui sur lequel il exerce son pouvoir. Celui-ci, né homme, ne transmet pas son état, sauf s'il lui est accordé de se substituer sur Terre à l'esprit supérieur qui l'a changé.
Notre culture et l'image du vampire aujourd'hui sont issues d'une vision chrétienne du monde, datant de quelques siècles et reposant sur le combat entre Dieu et le Diable. Le vampire appartenant plutôt au Diable, il en incarne deux facettes : moquerie et perversion.
Si à ces débuts en tant que créature diabolique le vampire n'est qu'une parodie grossière de l'humain qu'il avait été, au XIXème siècle il hérite du Diable lui-même sa nature trompeuse, son charme ténébreux irrésistible. Bête cachée sous le vernis de l'élégance et du romantisme, il est devenu le ver au coeur même de la vie.
De nature profondément manichéenne,
l'origine divine a perdu de sa crédibilité aujourd'hui,
la psychanalyse et la science s'étant substitués à
la religion.
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Bram Stoker's Dracula (1992) Dracula se révolte contre Dieu : il a triomphé des Turcs hérétiques, mais Elizabeta est morte |
Références :
-->Dracula,
de Bram Stoker. (voir Dracula)
Dracula pose un problème en tant que référence : il
a été tant de fois adapté qu'on peut lui trouver beaucoup
d'interprétations.
Dans le roman, bien que Bram Stoker n'ait pas précisé les
origines de son héros vampire, ni ses motivations, il craint les
symboles de Dieu. Considérant que Satan est censé contrefaire
la création de Dieu et que Van Helsing déclare que les vampires
ne sont que des parodies de ceux qu'ils avaient été, on peut
supposer qu'il s'agisse de l'éternel conflit du bien contre le mal,
de Dieu contre le Diable. Les premières adaptations cinématographiques
allaient aussi dans ce sens.
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Cependant le film de Coppola (de 1992) le montre sous un nouveau jour, mettant en avant la force de la volonté du comte, et lui donnant une raison d'être ce qu'il est devenu : sa jeune épouse, le croyant mort, s'est suicidée. Il craint toujours la croix, mais
est capable de l'enflammer, montrant que son "état" n'est
pas totalement dépendant des lois de Dieu et du Diable.
La Magie
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La magie n'est plus explicitement associée au vampire
contemporain, mais les deux partis ont été longtemps liés
par le passé : la magie est une excellente réponse pour justifier l'inexplicable et autres
phénomènes fantastiques.
Jean Paul Bourre * considère que les vampires sont issus de pratiques
magiques ancestrales, détentrices du secret de la vie et la mort.
Ce savoir aurait été à la disposition de quelques grandes
familles d'Europe de l'est : Vlad Dracula aurait été initié
et se serait relevé de sa tombe grâce à ce savoir magique.
L'alchimie, plus près de la chimie que des sciences occultes, peut se rapprocher de la magie quand elle aboutit à des phénomènes inattendus.
Références :
-->Né
d'entre les morts, de Nathalie Bernard.
Un alchimiste aurait provoqué la transformation, malédiction
qui pèse désormais sur sa famille.
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Un atelier d'alchimiste : four, récipients, ustensiles consacrés à la recherche de la transmutation de la matière |
Parasites, virus et mutations
C'est aujourd'hui l'hypothèse la plus sollicitée, qui replace
le vampire dans le contexte de maladie et de contagion auquel il est familier.
Le vampire nait humain, sa transformation est due à une morsure ou
au sang du vampire qui transmet le parasite qui contamine son hôte
à son tour : c'est l'épidémie. Si l'atome, les microbes
et les virus ont été découverts au XIXième siècle,
les questions de clonage et de manipulation génétique
ont gardé le sujet d'actualité.
Mutation spontanée, réponse scientifique
:
Références :
--> Je suis une
légende, de Richard Matheson.
Le vampirisme est répandu par un bacille (germe) mutagène. Les peurs
concernant ail, croix et miroirs sont le produit d'un aveuglement hystérique. Explications du roman
-->Contrat sur un vampire, de Garfield Reeves-Stevens.
Les "ybers" sont porteurs d'un virus mutagène,
qui transforme radicalement leur corps intérieurement. Les peurs
concernant les objets du culte est une réaction psychologique à
un endoctrinement culturel. Explications du roman
-->Le sang d'immortalité, de Barbara
Hambly. (voir Ysidro)
Bien que la nature des vampires soit due à une mutation "naturelle" des cellules sanguines (entraînant entre autres une allergie à l'argent), l'intrigue aborde le thème du "savant
fou", qui pousse trop loin ses recherches et ses expériences
- en l'occurence un sérum extrait de sang de vampire. Explications du roman
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Akasha, reine d'Egypte. Extraite de "Queen of the Damned #4". L'Egypte ancienne ou la Grèce, offrent les premières légendes de vampires |
Hybridation démoniaque, réponse mystique
:
Références :
-->Les chroniques des vampires, de Anne Rice. (voir Louis
et Claudia)
Les vampires sont apparus le jour où un démon, fou furieux
et jaloux de l'incarnation terrestre des humains, a pénétré
dans le corps d'une reine d'Egypte, Akasha. Par échange de sang,
le parasite s'étend, mais reste une entité complète
vivant à travers tous les corps des vampires crées. Si la
racine meurt, tous meurent.
-->Buffy contre les vampires, de Joss Whedon.
(voir Angel)
Faisant intervenir une époque où des démons immenses
régnaient sur la terre (à la façon des Grands Anciens
Lovecraftiens), le Watcher Rupert Giles explique les vampires dès
le premier épisode de la série : en quittant la terre, un
démon but le sang d'un humain et disposa ainsi de son corps, chassant
l'âme et pervertissant la personnalité précédente.
L'intervention d'un hybride démon/humain/vampire, Adam, établi le pouvoir d'autosuggestion vis-à-vis des symboles de la foi.
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Phénomènes psychiques
Ici encore, les humains sont la souche du vampirisme, que
ce soit au niveau individuel ou collectif.
- Phénomène individuel :
Sans autre origine que le lien individuel entre l'âme et le corps,
le vampire dépend de sa volonté à ne pas mourir, à
continuer de vivre par delà la mort. S'il perd cette volonté,
il meurt définitivement.
Références :
-->Le
Parasite, de Conan Doyle
Vampirisme par hypnose. A la limite du monstre humain, ce vampire peut être assimilé au magicien, puisqu'il détient de connaissances mystérieuses. Néanmoins, l'explication relève du phénomène scientifique
reconnu, détourné à des fins personnelles.
- Phénomène collectif :
Avons-nous inventé nos histoires de vampires à partir d'une
créature existante, ou bien la créature a-t-elle été
créée par notre foi en son existence?
Un monstre formé par la masse, la force de toute la croyance d'un
peuple qui s'incarne, est un thème qui est apparu avec la découverte
de l'inconscient (par Freud, vers 1896), et de l'inconscient collectif (par
C.G. Jung, peu après).
Références :
-->Vampire Junction,
de S.P. Somtow. (voir Timmy Valentine)
Timmy Valentine avance cette hypothèse : les vampires sont déterminés
par les croyances des siècles, craignent les symboles que l'on croient
qu'il craignent, sont ce que nous croyons qu'ils sont. Mutables, ils évoluent
avec les siècles, créatures psychiques, reflets désincarnés
d'un phénomène de masse.
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Une autre race
Une hypothèse simple : les vampires sont une race
à part. Humanoïdes ou non, éventuellement extraterrestres,
dissimulés parmis nous ou reclus dans des lieux secrets, mais dans
tous les cas biens vivants, ils ne seraient pas issus de l'humanité.
Les dhampires ou vampirovitchs, enfants d'humains et de vampires, possèdent
des caractéristiques des deux parents, et forment éventuellement
une troisième race, ainsi que les vampires que l'on supposaient nés
de l'union d'une sorcière et d'un démon.
- Terrestres :
Références :
-->Ames Damnées,
de Poppy Z. Brite. (voir Zillah)
On peut supposer que les gènes de ces vampires sont dominants par
rapport à ceux des humains : tout enfant né d'une union vampire-humain
devient vampire à son tour.
-->Blade
L'univers vampirique de Blade est riche : il regroupe les vampires nés
(plus forts) et les humains devenus vampires. Blade lui-même est un
cas étrange, sa mère ayant été mordue et contaminée
pendant sa grossesse. |
- Extraterrestres :
-->Les vampires de l'espace, de Colin Wilson.
Les vampires sont des entités extraterrestres, prenant les corps
qu'elles désirent pratiquement à volonté. L'engouement
pour la conquète de l'espace et les interrogations qu'elle a sucité
(notamment dans la littérature d'anticipation, avec les romans d'Asimov)
ont contribué au développement de la science-fiction spaciale,
malgré tout peu appliquée à l'univers du vampire.
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Aliens venus d'ailleurs. Original trouvé sur ce site. |
Il existe donc un éventail de possibilités et de spéculations envisageables sur l'origine des vampires, au moins suffisamment pour
justifier leur existence dans la littérature et le cinéma
encore longtemps... ;-)
* Jean-Paul Bourre est l'auteur de "Le Culte du vampire aujourd'hui" (Lefeuvre, 1978); "Dracula et les Vampires" (Rocher,1981); "Les vampires" (1986), ou il décrit le vampirisme en tant que secte magique | | |