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LES CHASSEURS DE VAMPIRES


Liste évidemment non exaustive qui illustre l'évolution de l'image du vampire dans l'image populaire collective grâce à des exemples qui peuvent avoir eu des précurseurs moins connus.

Voir aussi



Lamie

Femme Fatale

Folklore Est

Dracula

Nosferatu

Anne Rice

Lost Boys

Reaper


Antiquité
    Le vampire est une Lamie, une créature ailée qui suce le sang des nouveau-nés dans leur berceau. A la fois démon tentateur, femme fatale et femme-monstre animale, elle est affiliée à Lamia autant qu'à la Lilitû babylonienne (devenue Lilith chez les Hébreux). L'image d'un vampire-esprit ailé persistera jusqu'à la grande épidémie de vampirisme du 16ème siècle, puis reviendra au 19ème siècle avec le retour des légendes antiques à travers le fantastique.
Dom Augustin Calmet
    Non, ce n'est pas un vampire. Mais il a répertorié toutes les histoires de vampires d'Europe de l'Est, en donnant un portrait précis de cadavre : "(...) ayant fait exhumer Pierre Plogojovits, ils trouvèrent que son corps n'exhalait aucune mauvaise odeur, qu'il était entier et comme vivant, à l'exception du bout du nez, qui paraissait un peu flétri et desséché ; que ses cheveux et sa barbe étaient crûs, et qu'à la place de ses ongles, qui étaient tombés, il lui en était venu de nouveaux ; que sous sa première peau, qui paraissait comme morte et blanchâtre, il en paraissait une nouvelle, saine et de couleur naturelle, ses pieds et ses mains étaient aussi entiers qu'on les pouvait souhaiter dans un homme bien vivant."
Les Romantiques
    Avec la disparition de la croyance dans l'existence du vampire lui-même, c'est au tour de la femme vampire - incarnation de la séduction fatale - de prendre la relève. Ici c'est la description des cheveux, symbole de vanité et de pouvoir, qui met l'accent sur la sensualité : "Elle était d'un taille au-dessus de la moyenne, mince et étonnamment gracieuse. A l'exception de l'extrème langueur de ses gestes, rien dans son aspect ne révélait qu'elle fût malade. Elle avait un teint éclatant et coloré, des traits menus parfaitement modelés, de grands yeux noirs au vif éclat. Sa chevelure était magnifique. Jamais je n'ai vu des cheveux aussi épais, aussi longs que les siens, lorsqu'ils retombaient librement sur ses épaules. Je les ai bien souvent soulevés dans mes mains, et me suis émerveillée en riant de les trouver si lourds. Prodigieusement fins et soyeux, ils étaient d'un brun très sombre, très chaud, avec des reflets d'or. Quand elle était étendue sur sa chaise-longue, dans sa chambre, me parlant de sa voix douce et basse, j'aimais les dénouer et les laisser tomber de tout leur poids, pour ensuite les enrouler autour de mes doigts, les natter, les étaler, jouer avec eux" (Carmilla, ch. IV)
Le Comte D...
    On ne présente plus Dracula, renforçant le symbolisme du mal, vicieux, étranger, puissant et tentateur : "Devant moi, se tenait un grand vieillard, rasé de frais, si l'on excepte la longue moustache blanche, et vêtu de noir des pieds à la tête, complétement de noir, sans la moindre tache de couleur nulle part. (...) Cette main était aussi froide que la glace; elle ressemblait davantage à la main d'un mort qu'à celle d'un vivant. (...) Son nez aquilin lui donnait véritablement un profil d'aigle; il avait le front haut, bombé, les cheveux rares aux tempes mais abondants sur le reste de la tête; les sourcils broussailleux se rejoignaient presque au-dessus du nez, et leurs poils, tant ils étaient longs et touffus, donnaient l'impression de boucler. La bouche, ou du moins ce que j'en voyais sous l'énorme moustache, avait une expression cruelle, et les dents, éclatantes de blancheur, étaient particulièrement pointues; elles avançaient au-dessus des lèvres dont le rouge vif annonçait une vitalité extraordinaire chez un homme de cet âge. Mais les oreilles étaient pâles, et vers le haut se terminaient en pointe; le menton, large, annonçait, lui aussi, de la force, et les joues, quoique creuses, étaient fermes. Une pâleur étonnante, voilà l'impression que laissait ce visage.
    J'avais bien remarqué, certes, le dos de ses mains qu'il tenait croisées sur ses genoux, et, à la clarté du feu, elles m'avaient parues plutôt blanches et fines; mais maintenant que je les voyais de plus près, je constatais, au contraire, qu'elles étaient grossières : larges, avec des doigts courts et gros. Aussi étrange que cela puisse semble, le milieu des paumes était couvert de poils. Toutefois, les ongles étaient longs et fins, taillés en pointe." (Dracula, ch. II, p. 23 et 26, ed. J'ai Lu)
    Sa meilleure incarnation au cinéma fut sans doute celle de Christopher Lee.
Nosferatu
    Une autre vision de Dracula, qui renoue avec l'image du mort-vivant à moitié animal. En l'occurence, ne pouvant se transformer à l'écran en chauve-souris ou en rat, son physique hérite un peu des deux.
Les vampires d'Anne Rice
    Un renouveau du vampire sexy, qui a marqué toute une génération de vampires en tant qu'héros beau, sombre et torturé. "Je suis Lestat le vampire. Je suis immortel. Ou peu s'en faut. La lumière du soleil, la chaleur soutenue d'un feu intense risquerait peut-être de me détruire, mais rien n'est moins sûr. Je mesure un mètre quatre-vingt, taille qui sortait de l'ordinaire il y a deux siècles lorsque j'étais un jeune mortel. Ce n'est encore pas si mal aujourd'hui. Mon épaisse chevelure blonde et bouclée me descend presque aux épaules et paraît blanche à la lumière artificielle. J'ai les yeux gris, mais ils absorbent aisément les teintes bleues ou violettes des surfaces qui m'entourent. Mon nez est plutôt court et fin; ma bouche bien dessinée, mais un peu grande pour mon visage. Elle peut prendre un pli fort méchant ou extrêmement généreux, en tout cas toujours sensuel. Cela dit, mes émotions et mes attitudes se reflètent dans mon expression toute entière. J'ai un visage extrêmement mobile. Ma nature vampirique transparaît dans ma peau excessivement blanche et réflectrice, qu'il fait poudrer pour son exposition à tous les objectifs, quels qu'ils soient. Et si je suis en manque de sang, je suis à faire peur : la peau fripée, les veines saillant comme des serpents autour de mes os. Mais ça n'arrive plus à présent. Le seul indice permanent de ma non-humanité, ce sont mes ongles. Comme chez tous les vampires, d'ailleurs. Nos ongles ont l'air d'être en verre. Et certaines personnes le remarquent, alors que tout le reste leur échappe." (Lestat le Vampire, p.1)
Les Lost Boys
    Les années 80 ont amené le vampire trash, compromis entre le monstre urbain et branché. Il a une apparence humaine, mais possède un visage démoniaque, au sens littéral.
Le retour des zombies
    Retour aux monstres morts-vivants sanguinaires et gores, grâce au Tarantinesque "Une Nuit En Enfer", et aujourd'hui les Reapers de "Blade 2".




"Vampires, les enfants de Selène",1999/2005 by Kiwi and Smoky. Les photos appartiennent aux différentes maisons de production.